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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 13:39

Electron libre né artistiquement à l’ère de la nouvelle vague, conteur cinématographique à nul autre pareil, Claude Lelouch n’en finit pas de nous enchanter et mieux de nous ré/enchanter.

Révélé par « Un homme, une femme » qui remporte la Palme d’Or à Cannes en 1966, Claude Lelouch se distingue par un style, un regard, une posture n’appartenant qu’à lui, ce qui est, direz-vous, le propre de chaque cinéaste ou de chaque artiste. Mais Lelouch a ce petit quelque chose en plus que l’on appelle génie. Ce que l’on nomme en pâtisserie, une cerise sur le gâteau. Un sourire, un détail, cette fantaisie qui fait toute la différence. Ce petit plus irrésistible… Visuellement parlant.

Inoxydable amoureux de l’amour, des femmes, des hommes, de l’amitié, du cinéma, des caméras, des acteurs et de tous ces riens qui font les grandes histoires, Lelouch se définit lui-même comme un « croyant de la vie ». Avec bonheur, passion et jouissance, il transmet son impétueux enthousiasme depuis une cinquantaine d’années dans un voyage au long-court qui réunit plus d’une cinquantaine de films. Parmi cette pléiade, cette constellation, quelques étoiles et autres pépites : Un homme et une femme ; La bonne année ; L’aventure, c’est l’aventure ; La belle histoire ; Tout ça pour ça ; Salaud, on t’aime ; Un + Une

Ainsi donc le cinéaste, scénariste, cadreur, producteur Claude Lelouch a commis nombre de chefs d’œuvre indéniables mais Un homme et une femme est une des plus formidables démonstrations de son talent. Parfaitement ! Même en      ayant vu et revu et re/revu certains de ces films, le spectateur, la fan que je suis, ont l’impression que chaque visionnage est une première fois.

Et existe-t-il quelque chose de plus surprenant qu’une première fois ?

Les premières fois sont la manifestation par essence de l’amour et le ferment de l’émerveillement. Ce que procurent les allégories de Claude Lelouch.

Focus sur Un homme et une femme.

Pleins phares sur une rencontre des plus banales, des plus probables, au rythme d’un film d’actions soutenu, exacerbé par une course poursuite à travers la France. Images éblouissantes, utilisant la couleur jusqu’au noir et au blanc – à moins que ce ne soit l’inverse… La pluie qui délave les visages et laisse percevoir leur détresse et leur profondeur. Dialogues minimalistes au ton presque mondain.                               Profondeur de champ.                                                                                                                          Ici, l’essentiel s’exprime dans les non-dits. Les sourires. Les gestes. La retenue. La musique. Le paroxysme. Et dans une extrême élégance.

Les confidences deviennent des instantanés du passé. Un autre film dans le film. Un hommage au [cinéma] muet. Une bande annonce qui n’en finit plus, orchestrée par un cadrage, un découpage d’une modernité inouïe qui défie les modes, les décennies et a inspiré foultitude de metteurs en scène. Dont Kubrick, adepte avoué. Dont Xavier Dolan, je pourrais le jurer… Bref… Stoppons les spéculations ! Du génie, disais-je.

Il paraitrait que Lelouch, un jour, a été touché par une femme et son enfant sur une plage de Deauville et s’est amusé à imaginer la suite. Sublime, non ?

Un homme, une femme d’une trentaine d’années, veufs tous les deux et parent d’un enfant. Rien de plus. Juste un élan d’une simplicité biblique. Et un cinéaste d’une gourmandise relationnelle insatiable pour dévorer ces instants où la vie bascule et où plus rien ne sera jamais comme avant. Offrant de formidables leçons de vie. Transmettant un bel appétit. Pour le meilleur ou pour le pire. Pour les pleurs ou les rires. Par amour, toujours.

Claude Lelouch, l’éternel amoureux
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 15:53

Le 20 décembre, à l’Elysée Montmartre, un public éclectique, de toutes couleurs, de tous âges, de tous milieux, tous rassemblés là par un même désir : écouter le Biolay chanter. Salle mythique pour un artiste dont la légende le précède. 

Des albums superbes couronnés par des Victoires, des arrangements et autres directions musicales pour ses pairs et ses princesses, des revisitations de Salvador et Trénet. Pour ne parler que de musique… Aucun doute, tout ce que le Biolay joue, interprète ou compose se transforme en or.

Lors d’un concert, il réussit le même exploit. Dès son entrée en scène, il convie l’assemblée à une grande messe où chacun chacune participent. On observe qu’il aime donner mais que pour lui, il n’y a rien de réel sans échange. Et il s’escrime à le provoquer en permanence.

Commence la performance. Palermo Hollywood ouvre le bal. Suivent les morceaux phare de cet opus et de son répertoire. Les classiques. Les duos. Avec Chiara Mastroianni, Jeanne Cherhal, Sandrine Kimberlain. Focus sur les mélodies intimistes, soleil empreint de mélancolie et de tendresse. Telle la ballade du mois de juin. Vibrantes d’émotions.

Clash et riffs électriques atteignant son apothéose avec Los Angeles métallique. Sono d’enfer. Ambiance hystero-apocalyptique.

Le Biolay change de genre comme de continent. Avec élégance et brio. Dans le survoltage ou la nostalgie, de Buenos Aires à Paris ou de la Presqu’île de Lyon.

Il se donne à fond. Il s’amuse. Il aime la musique et la vie avec passion. Au travers du perfectionnisme léché de ses enregistrements jusqu’aux improvisations débridées du Live, il se réinvente sans cesse. Il re/crée ses compositions  à chaque interprétation, à chaque rencontre. En lâchant-prise, par curiosité. Il se laisse surprendre par l’instant. Comme un gamin. Un surdoué.

Dans la salle, certains, certaines parlent de l’inégalité de son jeu.                 Pourquoi pas ? Qu’importe ! Il entretient l’ivresse…

Il regarde l’aube claire s’allonger sur les conifères, en dépit des années noires, des années folles, des heures de gloire, à la lisière du torrent, il va s’asseoir sur un banc, déjeuner au parc pour embrasser son amie dans le cou et tout autour, des cerfs-volants, qui planent… Quelques amants qui passent…

En écoutant ses textes où il avoue souvent ses renaissances, en le voyant bouger, jouer, trompeter, guitariser, chanter, danser, remercier, partager, je ne peux m’empêcher de le voir comme un oiseau mythique. L’oiseau nommé le Biolay, frère jumeau du phœnix, renait dès qu’une note de musique lui caresse les oreilles, énergétisant en lui une puissance créatrice qui le galvanise et nourrit en lui une force électromagnétique. Cette force, il la communique à ses musiciens, ses duettistes, à ses fans, son auditoire en un instant de grâce qui se perpétue sans faillir pendant plus de deux heures et demi dans une communion bon enfant, joyeuse, simple, sincère où chacun chacune ressent la plénitude d’avoir passé une soirée entre amis. Une soirée de ferveur. D’euphorie. De sublimation du présent.

En albums :

Palermo Hollywood, 2016

Trenet, 2015

Vengeance, 2012

Love Songs Tour, 2014 avec Vanessa Paradis

Best Of, 2011

Pourquoi Tu Pleures, 2011

Live, 2010 (DVD2 DVD Concert + Documentaire)

La Superbe - Edition Standard 2CD, 2009

Home, 2007

Trash Yeye, 2007

A L'Origine, 2005

Négatif - Copy control, 2003

Rose Kennedy, 2002

En concerts :

 

Jeudi 12 Janvier 2017- 20h30

À CESSON SEVIGNE (35) Le Carre A Cesson Sevigne

Vendredi 13 Janvier 2017- 21h00

À SAINT MALO (35) La Nouvelle Vague A Saint Malo

Samedi 14 Janvier 2017

À BREST (29) La Carene A Brest

Vendredi 20 Janvier 2017- 20h00

À NIMES (30) Paloma / Smac De Nimes Metropole

Samedi 21 Janvier 2017- 20h30

À CANNES (06) Palais Des Festivals A Cannes

Mardi 24 Janvier 2017

À MULHOUSE (68) La Filature A Mulhouse

Mercredi 25 Janvier 2017 - 20h00

À METZ (57) Arsenal A Metz

Mercredi 1er Février 2017 - 21h00

À PERPIGNAN (66) El Mediator / Theatre De L'archipel / Le Grenat / Le Carre A Perpignan

Jeudi Février 2017 - 20h00

À MARSEILLE (13) Le Silo A Marseille

Mardi Février 2017 - 20h00

À ESCH SUR ALZETTE (LUXEMBOURG) Rockhal

Mercredi Février 2017 - 20h30

À ROUBAIX (59) Le Colisee A Roubaix

Mercredi 22 Février 2017- 20h00

À BRUXELLES (BELGIQUE) Ancienne Belgique (Ab)

Le Biolay en concert : un phœnix électromagnétique
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:52

Fondateur du centre de CNV (Communication non Violente) et auteur des « Mots sont des fenêtres », M.B Rosenberg, docteur en psychologie clinique, met à notre disposition un outil pour améliorer notre relation aux autres et aussi à nous-même.

 

Lorsque l’on commence à lire l’ouvrage de Rosenberg, le premier réflexe est parfois de penser que ce serait plus facile d’apprendre le chinois. Autant dire que notre éducation ou nos éducations, devrais-je dire, nous ont formatés de telle sorte, dans un esprit soit de compétition, soit de jugement, soit d’exigence qu’il nous parait insurmontable de nous libérer de ces conditionnements de pensée et autres comportements qui peuvent conduire à une mauvaise compréhension des autres et par conséquent de nous-même.

Pourtant le principe est simple : il suffit d’identifier ce que nous observons (des autres, de nous-mêmes, des situations…), de distinguer nos sentiments des interprétations mentales, d’assumer la responsabilité de ces sentiments, de discerner nos besoins et de formuler la ou les demandes qui contribueraient à changer la donne initiale et par conséquent à mieux communiquer.

Cela assimilé, on peut alors recevoir avec empathie les messages de ceux qui nous entourent, manifester une compréhension respectueuse à tout message reçu, dire ce que nous désirons sans susciter d’hostilité et s’exprimer sans les réflexes d’auto-défense qui provoquent souvent colère, chagrin ou déprime.

Tout cela parait incroyablement théorique ? Affreusement prêchi-prêcha ?

Pour illustrer la théorie précédemment expliquée, je vais vous confier mon témoignage.

A une certaine époque pas si lointaine, je traversais une période de grand chagrin suite à un deuil. Inutile de préciser combien je n’étais pas contente de la vie. J’avais l’impression de subir les évènements. De me consacrer uniquement à ceux qui partageaient la même épreuve.

Maintes fois, j’avais essayé d’aborder la CNV qui me paraissait totalement hermétique. Puis une nuit de déprime et d’insomnie plus intense que les autres, j’ai ouvert ce livre. Des phrases m’ont éclairée et ont déchiré le voile de ma détresse. S’imposa une question : n’étais-je pas en colère parce que mes besoins vitaux étaient insatisfaits ?

Oui, j’étais en colère parce que je me préoccupais plus de combler les besoins de deux de mes proches que les miens, occultés, reniés et tus. Oui, tout bien ressenti, j’étais en colère depuis très longtemps parce que, pendant mon enfance, je m’étais conditionnée à satisfaire en priorité les besoins de mes parents puis des autres ensuite.

Telle la sorcière de Kirikou, j’étais en colère parce que j’avais mal.

Et j’avais mal parce que je m’appliquais sans cesse à faire taire cette colère pour être disponible aux autres.

Mal de ne pas entendre mes aspirations profondes. (Hormis l’écriture qui s’est toujours imposée à moi – comme une passion, un sacerdoce, un jeu, un plaisir, un but…)

Cette nuit-là, grâce à la CNV, je réalisai que j’avais le choix – le libre arbitre de ma vie.

Si je disais : « je choisis de faire ça », cela me semblait plus juste, moins lourd, moins insupportable que si je disais : « je dois, il faut »…

Il n’y a pire aliénation que celle que l’on s’impose.

La douleur est un obstacle à l’empathie et nous coupe des autres. Elle créé un effet miroir aliénant comme l’empathie peut en créer un autre, dans la bienveillance.

Lors de ce voyage au bout de la nuit, j’observai mes comportements passés et récents.

Je cédais à la demande d’un de mes proches parce que j’avais peur qu’il se retrouve en danger. Pour lui éviter d’éventuels accidents, j’aurais fait n’importe quoi afin de ne pas revivre le traumatisme ressenti à la mort de mon mari. La peur n’évite pas le danger, dit-on. Et l’on ne peut garantir de sécurité maximale ni d’assurance tous risques. C’est ainsi.

Comme l’écrit un poète, « c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ». Il en est de même pour nos moments de détresse.

Le but ultime étant de trouver nos zones de confort, de détente, d’allègement et de consolation – même et surtout – dans les pires tourmentes.

A mon sens, nous ne pouvons y parvenir, parvenir à ces oasis de confort ou d’apaisement, que si nous prenons soin de nous-même en amont, dans la bienveillance, en développant l’écoute de nos ressentis, de nos sentiments, de nos besoins, de nos demandes pour mettre en pratique cette non-violence prônée par Gandhi non plus comme une philosophie ou un argument politique mais comme un art de vivre ou plus encore comme une nouvelle façon de respirer.

«Les Mots sont des fenêtres », M.B Rosenberg, Edition la Découverte

«Les Mots sont des fenêtres », M.B Rosenberg, Edition la Découverte

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 11:04

DiP – Dress in Peace, une start-up créée par Brune André Sode, accompagne les femmes à re/penser leur relation au vêtement et les conseille dans la gestion de leur dressing. Dans cette interview exclusive, Brune nous raconte le pourquoi du comment.

« L’idée m’est venue, explique Brune, il y a un peu plus d’un an quand j’ai réalisé que les marques proposent de la "mode" alors que les femmes cherchent surtout à s’habiller pour "tous les jours". Ce constat fait, je me suis entretenue avec une vingtaine de femmes afin de connaitre leurs besoins au quotidien, leurs vêtements préférés et les vêtements qu’elles considèrent comme magiques…

 

« Ainsi est né Dress in Peace dont l’objectif est bâtir une communauté pour les femmes qui ont le désir de s’habiller autrement, en évitant d’acheter des vêtements qu’elles ne porteront pas ou peu. Dress in Peace se donne pour mission de repérer grâce à l’expérience des femmes les vêtements, des vêtements DiP, dans lesquels elles se sentent toujours bien.

 

« Parce qu’acheter ses vêtements, ce devrait être les porter, Dress in Peace aide les femmes à trouver des vêtements qu’elles aimeront acheter et porter. »

 

« Prochainement, Dress in Peace proposera via son site en ligne 1 à 2 ventes évènementielles par mois de vêtements DiP sélectionnés, certifiés, approuvés, déjà portés,  par des femmes de la communauté DiP.

« Chaque Dippie aura ainsi accès à ces vêtements coups de cœur des marques partenaires de DiP.

« Dress in Peace accompagnera les femmes au quotidien pour leur donner des idées sur comment porter et associer ces vêtements DiP afin qu’ils ne soient pas perdus dans la masse de notre dressing, afin aussi de se concentrer sur un vêtement et le resacraliser.

« Chaque Dippie pourra partager ses propres coups de cœur, poser ses questions et échanger en participant à la communauté DiP. 

« Chaque Dippie pourra connaitre l’histoire d’un vêtement, savoir d’où il vient et parler par exemple avec sa créatrice.

« Une fois le vêtement acheté, chacune pourra suivre son "porté" et se faire accompagner en ligne quand elle LE portera…

« L’étape ultime sera ensuite de le recycler ou de le revendre pour lutter contre le gâchis… »

 

Brune explique encore que 70% des vêtements achetés en France ne sont pas portés. Pour éviter ces "crises de dressing", Dress in Peace invite donc les femmes à inventer leur propre tendance vestimentaire de façon ludique, drôle, innovante, inspirante et totalement environnementale en développant leur créativité.

 

Dress in Peace vous intéresse ? Participez dès maintenant en contribuant à son lancement grâce à la campagne de crowdfunding sur Ulule… Faites le sans tarder, il ne reste que quatre jours…

 

Ce blog, lui, vous tiendra informé de la suite…Il est certain que DiP nous réserve d’autres surprises !

 

Sur Ulule : Dress in Peace.

 

Dress in Peace en ligne.

 

Sur Facebook, DiP.

DIP – DRESS IN PEACE : LUDIQUE, INNOVANT, ENVIRONNEMENTAL ET PLUS QUE TENDANCE !
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 14:12
La cuisine-thérapie, un formidable outil, selon Emmanuelle Turquet pour aller à la rencontre de soi

Parmi les nombreuses démarches de développement personnel, la cuisine-thérapie se distingue comme un médiateur innovant, ludique et révélateur des façons de faire, d’agir, de se nourrir et de cheminer de chacun.

Depuis 2015, Emmanuelle Turquet en est une de ses plus ferventes ambassadrices. Formée à différentes techniques (Art-Thérapie, PNL, Analyse transactionnelle, Process Com, animation de groupes, sophrologie ludique, relaxation psychosensorielle...), Emmanuelle Turquet, pionnière en la matière, a créé non seulement les ateliers de Papilles créatives pour vous accompagner dans une relation d’aide en séance de groupe ou individuelle mais elle vient de signer un ouvrage pour vous rendre cette cuisine-thérapie plus familière : « Dis-moi comment tu cuisines et je te dirai qui tu es ! » Un livre à son image, dynamique, pétillant et indispensable…

Comme chroniqueuse sous le nom d'ElsaPotine, je recommande le livre de Cuisine Thérapie d'Emmanuelle Turquet.
Comme personne ayant participé à un atelier de Papilles Créatives, je recommande ces séances qui allient joie, jeu, profondeur introspective et re/connaissance de soi.
L'idée de l'art thérapie utilisant la cuisine comme outil de développement personnel est absolument merveilleuse. Oui, c'est bien le mot. Ces activités nous révèlent des Sésame pour nous même. Merci et encore bravo !

Fourmillant d’idées, le livre d’Emmanuelle Turquet apporte un éclairage sur la cuisine thérapie, nos différents comportements liés à l’alimentation et nos profils culinaires.

Mieux qu’un bréviaire, il nous invite à participer en direct à un atelier de cuisine thérapie en nous invitant à dépasser les idées reçues, en offrant des témoignages pertinents et en nous posant quinze questions essentielles pour nous connaitre grâce à la cuisine.

Ainsi par exemple, quel est notre plat identitaire ? Notre plat signature ? Ou encore, quels sont nos rituels en cuisine ? Quel est notre aliment doudou ? Nous considérons nous plutôt Top Chef ou Stop Chef ? Nous arrive-t-il de cuisiner sans recette ? Comment appréhendons-nous le manque ? Est-ce que cuisiner sain est une obsession chez nous ?

Joliment mis en pages, avec des illustrations acidulées, colorées et vitaminées, « Dis-moi comment tu cuisines et je te dirai qui tu es ! » nous invite à un original voyage où l’exploration de soi nous entraîne de découvertes en découvertes.

Pour avoir eu la chance de partager « en vrai » un atelier de cuisine thérapie animé par Emmanuelle Turquet, j’ai retrouvé dans cet ouvrage ce qui m’avait convaincue pendant cette séance à savoir de l’exigence, de la bienveillance et de la congruence entre l’agir et l’être en toute conscience.

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 13:20

Âmes impies, pourquoi prétendre que les compositions de Benjamin Biolay sont tristes, neurasthéniques et cafardeuses ? Manants au vocabulaire anorexique, ne vous méprenez pas ! L’œuvre de cet artiste comble les cœurs endoloris par son lyrisme. Et son dernier album le confirme encore plus que les précédents.

Le musicien est allé trainer sur les trottoirs de Buenos Aires où s’étire le petit jour transcendé par la lumière des nuits blanches.

Palermo Hollywood sent la sueur, la cerveza et l’odeur des belles Argentines. Il transpire les rythmes dansants et captivants aux rimes aussi admirables que celles d’un poème d’Aragon « plein du silence assourdissant d’aimer ». S’ajoute à cette alchimie une magistrale orchestration avec des arrangements dont seul Biolay a le secret. En un mot comme en mille, le dictionnaire ne suffirait pas pour décrire la transe dans laquelle nous plonge Palermo Hollywood.

D’une Débandade romantique à l’entêtante Miss miss, sans oublier l’enivrant Club Palermo Queens, les pétaradantes et éperdues Ressources humaines, l’infernale Tendresse année zéro ou l’exorcisante Noche Ya no existe, comme l’écrit Biolay : « de tramontanes en alizés, voguent nos âmes vandalisées. »

Enchanteur, élégant, somptueux, vampirisant, crépusculaire, ce requiem twist, ce tango anarchiste, cette salsa canon, brûlent les cœurs en sang. Sous la claque du vent ou la gifle du bruit, les vestiges de nos vies trouvent là l’écrin qui les anoblit et les transfigure.

Palermo Hollywood, le superbe opus de Benjamin Biolay
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 14:26

Pour son premier film comme réalisateur, le scénariste talentueux d’une douzaine de films formidables dont « Bon voyage », « Belles familles » de Jean-Paul Rappeneau et « 36 quai des orfèvres » d’Olivier Marchal, Julien Rappeneau a réussi un long métrage où se mêlent réalisme, émotion et enchantement.

Adaptation du roman graphique de Camille Jordy, Rosalie Blum met en scène des gens simples empêtrés dans leur quotidien. Ainsi comme l’explique son résumé : Vincent Machot mène une existence sans histoire dans une petite ville. Sa mère, envahissante, lui mène la vie dure. Il veut retrouver sa petite amie qu'il n'a pas vue depuis six mois. Son cousin lui dit de ne pas se faire d'illusion sur cette romance. Un jour, il se retrouve dans la supérette de Rosalie Blum. Il est sûr de l'avoir déjà vue. Intrigué par cette femme solitaire, il se met à la suivre. Pas très discrètement apparemment car Rosalie se rend vite compte de son manège. Elle demande à sa nièce, une artiste qui s'ignore, de suivre le jeune homme à son tour. Celle-ci tombe sous le charme de ce garçon un peu triste qui construit des cerfs-volants...

De filature en filature, le spectateur assiste aux élucubrations du suiveur suivi. Le jeu de l’arroseur arrosé permet de découvrir une palette de personnages en marge, totalement décalés, tels des intrus sortis des sept familles de la convention bourgeoise. Un jugement trop hâtif les qualifierait de paumés. Cela pourrait verser dans la parodie ou l’ironie, mais non. L’émotion l’emporte grâce au regard que leur porte Julien Rappeneau. Sa caméra les sublime, leur rend leur dignité et les pare de transcendance.

Quand il n’y plus d’espoir, que l’ennui applique sa tyrannie, que les « belles familles » dictent leur loi, il y a toujours une issue. C’est ce que nous propose tout du moins Julien Rappeneau dans ses histoires avec subtilité, empathie, bienveillance, tendresse, humour et subversion.

Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone prêtent leur charisme à cette comédie qui fait du bien et nous invite à croire au-delà de toutes les fatalités à tous les possibles du bonheur.

Rosalie Blum nous invite à tous les possibles
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 12:56

 Chocolat, le film de Roschdy Zem, magnifiquement interprété par Omar Sy, James Thierrée et une pléiade d’acteurs tels que Clotilde Hesme, Olivier Gourmet et Noemie Lvosky, fait plus que raconter l’histoire du premier clown noir de l’histoire de France, il interpelle et bouleverse. Sans pathos ni démagogie, il témoigne de la condition des gens de couleurs à la Belle Epoque. Sans pathos certes, mais sans fioritures, il laisse la juste place à l’authenticité des faits. Une vérité brute qui interroge sur les droits de l’Homme de quelle couleur qu’il soit à n’importe quel siècle.

Dans cette chronique, inutile de faire dans la critique cinématographique. Autant le dire en quelques mots, après « Mauvaise foi », « Bodybuilder », «Omar m'a tuer », Roschdy Zem a une fois encore parfaitement maîtrisé son sujet. Avec « Chocolat », il livre un film original, personnel, d’une grande tenue scénaristique et d’une reconstitution historique saisissante. Sous sa direction, Omar Sy et James Thierrée voient souligner leurs qualités non seulement d’acteurs mais d’artistes. On sait en effet que Zem a donné à James Thierrée, comédien, mime, acrobate, musicien et… petit-fils de Charlie Chaplin, carte blanche pour créer les numéros de clown de Chocolat et de Footit, son pygmalion. Ainsi niveau artistique, le film dépasse toutes les espérances.

Niveau affectif, on ne ressort pas intact après une telle histoire. Beaucoup ont soutenu que la célébrité, l’argent facile et le jeu avaient eu raison du succès de notre héros. La bande annonce le laisse un peu entendre d’ailleurs. Sans doute, une stratégie de communication fort bien réussie pour mieux déstabiliser le spectateur dans son confort. Oui, la célébrité, l’argent facile et le jeu tournent la tête dans un premier temps à Chocolat. Puis viennent l’amour, les prises de conscience, le besoin de conquérir sa dignité d’être humain malgré les discriminations, la bêtise de ses congénères et la haine raciale.

Chocolat, en référence à la marque bien connue « Banania » et son slogan : « Y’a bon Banania », a laissé son empreinte.

Devoir de mémoire, devoir de couleurs, brulot estampillé d’humanisme, « Chocolat » recadre le spectateur dans le présent. L’espèce humaine a-t-elle beaucoup progressé en un siècle ? Est-elle plus ouverte, plus encline à accepter l’autre dans sa différence et à moins le voir comme un individu inférieur et de dernier ordre ? Est-elle prête à abandonner les jugements et à ne plus traiter l’étranger comme un cannibale ?

Zoom sur l’actualité. Le cannibale aujourd’hui n’est-il pas le migrant, celui qui arrive pour se faire une place et faire reconnaitre ses droits ? Le discriminant n’est-il pas celui qui a peur de se faire dévorer ses acquis ? Y-at-il une différence entre les bidonvilles que l’on voit dans le film, ceux de Nanterre dans les années soixante et les soi-disant camps de migrants essaimés au nord de l’hexagone ou ailleurs ?

Resserrons encore plus le cadre. Juste au niveau des regards. Comme à la fin du film où un passant parle de « la femme du nègre ». Parole en l’air. Parole spontanée. Miroir de certaines mentalités.

Il y a encore du chemin à faire… Mais ne désespérons pas ! C’est en assumant la réalité que l’on peut la dépasser et aller plus loin.

Encore une chose…

Si Omar Sy est le Français que l’on réclame aux USA, dans ce pays critiqué par son manque de diversité ethnique aux Oscars, qu’il soit fier d’être un Noir dans les productions françaises qui invitent à de telles ouvertures de conscience.

Sans bras, peut-être pas de chocolat. Mais avec « Chocolat », un devoir de couleurs.

CHOCOLAT, LE DEVOIR DE COULEURS
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 22:22

Encore heureux, le film politiquement incorrect qui réunit Sandrine Kiberlain et Edouard Baer sous la direction de Benoit Graffin, réinvente les codes du discours amoureux et ceux de la comédie romantique avec succès.

Encore heureux raconte l’histoire d’une famille aujourd’hui : un couple avec deux enfants. C’est le film dont chaque scénariste, rêveur, conteur, fleur bleue, a toujours espéré. Il offre une suite au sempiternel épilogue qui se termine par l’invariable : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. »

Seulement voilà, à partir de là, les galères se succèdent. Le chef de famille, cadre sup, au chômage depuis deux ans, déprime. La mère se débat avec le quotidien et blablabla. C’est la cata. Va-t-elle résister aux sirènes de la facilité et au charme fatal d’un don juan richissime ? Va-t-il retrouver sa dignité et le courage d’avoir du cœur à l’ouvrage ? Vous le saurez si vous vous précipitez pour voir ce film qui est à lui seul un remède contre l’adversité et un hommage à La Vie est belle, celle de Capra. Et ne vous contentez pas du pitch en ronchonnant…

Scénario taillé au cordeau, dialogues incisifs et percutants de justesse, comédiens sublimes… Le spectateur ne s’ennuie pas une seconde. C’est un vrai délice. Aucune fadeur. Aucune complaisance. De l’éloquence. De la malice. Des rires. Un délire. Du sentiment. Une insolence survitaminée. Toujours limite. Toujours génial.

Bulle Ogier, interprète la mère de notre héroïne et se révèle une véritable fée comme à chacune de ses apparitions.

Plus que tout, il y a l’alchimie du couple parental. Pourtant Sandrine Kiberlain et Edouard Baer n’ont plus rien à prouver. Seulement là, ils ont leur personnage dans la peau. Ils aiment ce qu’ils sont. Ils le défendent corps et âme. Individuellement. Ensemble. Il y a de la belle folie en partage. Des regards habités. De la prestance. De l’élégance.

Avant que chaque séquence se termine, il y a de nouveau un regard. D’elle ou de lui. De lui, surtout. Un regard chargé d’anxiété, doutant de reconquérir sa Belle. Un regard rempli d’inquiétude ou d’espoir, pétillant ou dévasté, glissant sur le fil du rasoir, terriblement vivant.

Sur fond de réalité sociale, dans une ambiance de crise, Encore heureux nous inocule une dose de bonheur pur. Encore heureux, un abrégé – un peu comme Encore heureux qu’on va vers l’été, le roman de Christiane Rochefort, cette écrivain fantastique connue aussi pour Le Repos du guerrier.

Encore heureux, comme autant de promesses à venir et d’empreintes en souvenir.

Plus aucune honte à être désenchanté, paumé ou considéré comme un looser ! Tant qu’il y a de l’amour, il y a de l’espoir. Et c’est cette énergie que nous communique cette comédie explosive dont les qualités débordent des écrans pour irradier le cœur du public aussi désespéré soit-il.

 

Encore heureux, corrosifs et irrésistibles
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 14:31
Le Bourgeois gentilhomme 2016

Mis en scène par Matthias Fortune Droulers, Le Bourgeois gentilhomme magnifie la truculence subversive de Molière, défie les modes de temporalité et devient une œuvre contemporaine.

Eternelle question ! Comment innover ? Comment faire preuve d’originalité dans sa création, qu’elle soit littéraire, picturale, musicale ou théâtrale ? Eh bien Le Bourgeois gentilhomme version 2016 répond à cette question fondamentale.

Certains cyniques argumenteront qu’il n’est guère difficile de faire du neuf avec du vieux. Trêve de vulgarité. Il faut clouer le bec à ces fâcheux…

Réjouissons-nous !

Notre Bourgeois revisité par l’interprétation décomplexée de Victor Calcine reste non seulement fidèle au texte sublime de Molière mais trouve là une seconde jeunesse tant au-delà de l’écriture, il perpétue dans l’esprit l’insolence de son auteur.

Pendant le spectacle, il se passe un instant de grâce, non un état de béatitude extatique mais une espèce de sortilège initiatique. Dans une synchronicité parfaite, les acteurs sous la houlette du metteur en scène servent la pièce initiale en recréant un spectacle personnel, miroir des vanités de notre époque.

Démesure, fougue, férocité, mises en abime, humour, dérision rythment les mésaventures de ce M. Jourdain, ridicule jusqu’à l’extrême. Des qualités rares pour des artistes même pas trentenaires. Mais le talent n’a pas d’âge. Pas plus que le cœur.

Or, c’est bien de cœur dont il s’agit, de cœur et d’empathie, l’atout maitre de cette belle équipe. Dirigés par Matthias Fortune Droulers, Victor Calcine, Bertrand Mounier, interprète bouleversant(e) de Mme Jourdain, donnent une dimension, une profondeur, une vérité aux personnages et transforment la farce en véritable drame humain. Certes, ils les incarnent et s’identifient à eux mais en plus d’une naïveté désarmante pour l’un, d’une affectivité sobre, poignante pour l’autre, ils les habitent d’une humanité qui fait écho en chaque spectateur.

Ce spectacle n’aurait pu être qu’un excellent exercice de style, une nouvelle satire mais il s’impose par ce quelque chose en plus, un regard, une sensibilité, une maturité hors norme qui nous poursuit bien longtemps après que les rires eussent cessé.

Ciné XIII Théâtre

1 avenue Junot, Paris XVIII

Jusqu'au 13 février. Dates des Prolongations bientôt en ligne.

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Published by ElsaPotine - dans Culture
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  • L'Habit ne fait peut être pas le moine, mais les mots démontrent bien la femme. Par mes écrits, vous comprendrez qui je suis. Celle qui trottine ! Elsa La Potine...
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